Le 12 juillet 2026, le cinéma sénégalais a perdu l’une de ses gardiennes les plus discrètes et les plus précieuses. Maïmouna Diouf, animatrice culturelle et archiviste à la Direction de la Cinématographie et de l’Audiovisuel (DCIA), s’est éteinte à Dakar. Elle a été inhumée le lendemain à Dianda, Joal, sa terre natale.

Entrée à la DCIA en 2021, Maïmouna Diouf a consacré son travail à une mission que peu de gens voient mais dont tout le monde bénéficie : sauver la mémoire du cinéma sénégalais de l’oubli. Elle a assuré la médiation culturelle de l’exposition rétrospective “Li bët menul woon gis” (L’image manquante), consacrée à l’histoire du cinéma sénégalais entre 1960 et 1980, puis celle de l’exposition “Lamb” en janvier et février 2026, menée dans le cadre du projet FESEL de l’Institut National de l’Audiovisuel, en partenariat avec l’IFAN, la RTS et l’École des Beaux-Arts de Dakar.

Sa rigueur a dépassé les frontières du Sénégal. En avril 2026, elle est intervenue au Congrès de la Fédération Internationale des Archives du Film (FIAF) à Rabat, où elle a présenté une communication intitulée “Archiver malgré la fragilité : enjeux et pratiques au sein de la Direction de la Cinématographie et de l’Audiovisuel du Sénégal”. Une intervention saluée par ses pairs, qui a positionné le Sénégal parmi les voix africaines écoutées sur les questions de préservation patrimoniale.

C’est dans ce même esprit d’échange qu’elle a rejoint, du 10 au 23 juin 2026, le Séminaire sur le développement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle du Sénégal en Chine, aux côtés d’une délégation de professionnels sénégalais du cinéma et de l’audiovisuel, réunie avec l’appui du ministère du Commerce chinois et du gouvernement du Sénégal. C’est là, à Beijing et Xiamen, que l’équipe de Wawaw Sénégal a eu la chance de la côtoyer, de mesurer sa curiosité intellectuelle et son attachement sincère à la mémoire de son pays.

Maïmouna Diouf appartenait à cette génération de professionnels qui construisent le patrimoine sans en réclamer la lumière. Ce sont des archivistes, des médiatrices, des passeuses de mémoire. Sans elles, il n’y a pas de cinéma africain à raconter, seulement des films qui se perdent.

À la Direction de la Cinématographie et de l’Audiovisuel, à sa famille, à ses proches et à toute la communauté cinématographique et archivistique sénégalaise, l’équipe de Wawaw Sénégal adresse ses condoléances les plus sincères.

Que son âme repose en paix à Dianda.

Wawaw Sénégal